Les pires phrases que ton entourage peut te dire sous-emprise avec un P.N !
Sensibilisation autour des Relations Toxiques (les Pervers Narcissiques) - Les phrases à bannir face à une personne sous emprise.
En vacances chez ma mère, j’entends à la radio une émission où certains "experts" prêchent la bonne parole. Et là, la fameuse phrase tombe :
"Si vous êtes en couple avec un pervers narcissique, partez en courant. Ne restez surtout pas."
Et voilà. Encore une phrase simpliste, balancée avec assurance, comme si c’était aussi facile que de changer de trottoir.
Sauf que non. Ce genre de discours, même bien intentionné, finit par culpabiliser ceux qui ne parviennent pas à fuir tout de suite.
Et j’ai eu envie de dire à cette personne : Mais… Est-ce que tu sais vraiment ce que c’est ? Ce que ça fait ? Ce que ça détruit ? Probablement pas.
En entendant cette émission de radio, j’ai eu besoin d’écrire cet article, mettre mes mots.
J’ai rassemblé ici 17 phrases que j’ai entendues par les médias, psychiatre, entourage proche pendant ou après ma relation toxique.
Certaines sont absurdes, d’autres maladroites. Certaines sont dites par ignorance, d’autres par automatisme, et parfois… je les ai moi-même prononcées avant de comprendre, avant d’être de l’autre côté.
👉 Voici ces 13 phrases — à lire, à déconstruire, à partager. Parce que les mots comptent.
🔸 1. "T’as qu’à le quitter !"
Mais bien sûr, quelle idée révolutionnaire !
En fait, y a pas une seule journée où ça me traverse pas l’esprit. Tu crois que je reste parce que j’adore souffrir ? Parce que j’ai envie de collectionner les traumatismes ? C’est vrai, je dois être maso ?
Quitter une relation ultra toxique, ce n’est pas du tout la même chose que quitter une relation simplement compliquée ou devenue moins épanouissante.
Dans une relation toxique, on est souvent épuisé psychologiquement, vidé de son énergie, de sa clarté mentale, et de son identité. C’est comme être dans une secte : il y a une emprise, une confusion mentale, une dépendance émotionnelle.
Et oui, cela ressemble aussi à une addiction, avec les mêmes mécanismes que chez les personnes dépendantes à l’alcool ou à d'autres substances : on sait que c’est nocif, mais le besoin, l’espoir, et la peur prennent le dessus.
Ce que beaucoup ne comprennent pas, c’est que le cerveau d’une personne sous emprise fonctionne différemment, car la relation a activé un mélange de stress, de peur, de récompense, et d’attachement traumatique.
Plus on reste, plus les difficultés s’additionnent : perte de confiance en soi, isolement, mécanismes de défense, confusion, honte, et parfois même déni pour pouvoir continuer à survivre émotionnellement.
Alors non, ce n’est pas juste une question de "décision". C’est une lutte intérieure immense, un processus long et complexe — mais possible, avec du soutien, de la lucidité, et beaucoup de douceur envers soi-même.
2. "Tu dois l’aimer quand même, pour rester avec lui, non ?"
Non. Ce n’est pas forcément de l’amour.
Quand quelqu’un te tire vers le bas, que tu perds ton énergie, ta confiance, ton estime… ce que tu ressens, ce n’est pas de l’amour. C’est souvent un attachement traumatique, une confusion émotionnelle liée à des mécanismes de survie.
Ton cerveau ne "choisit" pas rationnellement de rester. Il essaie de comprendre, d’apaiser, de réparer, de reproduire ce qu’il connaît, même si c’est toxique. Quand on vit sous emprise ou dans un climat instable, le lien devient une addiction émotionnelle — et non un vrai lien d’amour nourrissant.
Ce n’est pas que tu es faible ou "bête", c’est que ton système nerveux est en mode survie.
3."Tu le quittes, tu y retournes... Franchement, je n'y comprends plus rien !"
Je ne te demande pas de comprendre. Je te demande de me soutenir.
Quand on est sous emprise, les allers-retours ne sont pas des caprices.
Ce sont des appels au secours. Des tentatives de reprendre le pouvoir.
C’est un combat intérieur entre ce qu’on sait et ce qu’on ressent, entre la peur, l’espoir, la honte, l’attachement traumatique.
Si tu ne comprends pas, c’est normal. Tant qu’on ne l’a pas vécu, on a tendance à comparer avec une relation "classique" — mais ce n’est pas comparable. Mais ici, les mécanismes sont très différents.
Mais si tu tiens à moi… alors reste là. Pas pour juger, mais pour m’accueillir, même cabossée.
4. "Je ne sais pas comment tu fais pour supporter tout ça..."
Je ne le supporte pas. Je le subis.
Moi, aussi, je me pose la question !!!! J'avoue, Ça tourne en boucle dans ma tête tellement c’est fou quand j’y pense. Oui, je peux l’expliquer… mais pas en cinq minutes,
Alors, C’est une situation dans laquelle je suis prise dans un engrenage difficile à sortir.
Ce n’est pas une question de tolérance à la douleur.
Ce n’est pas une épreuve à laquelle on "choisit" de résister.
C’est une emprise qui nous conduit rapidement dans un brouillard.
Alors non, je ne me sens pas forte : je survis.
La survie, ce n’est pas de la force, c’est un réflexe brut, presque animal, qui te fait tenir quand tout en toi est déjà à terre.
Et non, je ne suis pas faible non plus.
Endurer, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est ce que fait un corps, un esprit, quand il est pris dans une spirale, sans recul, sans repères, sans issue claire.
C’est ce qui reste quand il n’y a plus de place pour penser, décider ou fuir.
Je suis une personne prise dans une dynamique qui dépasse la logique.
Et si toi, tu ne supporterais pas ça, tant mieux ! c’est que tu n’as pas eu à le vivre. Mais, attention ! Ne sois pas si sûr de toi, moi-même je me rappelle avoir dites cette phrase.
Mais de grâce, ne transforme pas ça en comparaison mais de l'écoute et du soutien morale.
5. "Je préfère te voir sans lui"
Non… Ce n’est pas si simple.
Je comprends que ce soit difficile pour toi de me voir souffrir, et je respecte tes intentions.
Mais cette situation me met une pression énorme sur les épaules… alors que je suis déjà à bout.
Te voir sans lui, je le peux. Mais l’exclure systématiquement, ça devient compliqué à gérer.
Car dans ce cas, tu me demandes, même sans le vouloir, de choisir entre lui… ou personne.
Et je le sais d’avance : s’il comprend que tu refuses de le voir, il va réagir en essayant de m’isoler davantage, de provoquer des tensions, voire de créer des conflits.
Ce n’est pas juste une histoire de préférence ou de confort, c’est une dynamique d’emprise où chaque exclusion devient une arme de plus entre ses mains.
Ce que je cherche, ce n’est pas que tu l’acceptes, ni que tu cautionnes.
Juste que tu sois là pour moi, sans me forcer à trancher dans une situation déjà trop complexe.
Mais que tu me laisses un espace où je ne suis pas seule, même si je ne fais pas encore "les bons choix".
6. "Alors, tu l'as trompé ou pas ?"
Non !!!! Tu cherches quoi en me posant cette question ?
Et puis, je suis fatiguée de devoir me justifier en permanence.
Quand tu me poses cette question, tu ne fais pas que m’interroger.
Tu relayes ses accusations. Tu valides son récit.
Tu me demandes, toi aussi, de me défendre face à des calomnies.
Ce que je vis, ce n’est pas une simple dispute de couple.
C’est une relation où je suis constamment accusée, soupçonnée, piégée,
et où je dois me battre pour prouver que je suis innocente… même auprès des gens que j’apprécie. Alors, qu’on me laisse enfin respirer.
J’ai besoin qu’on m’écoute, qu’on me croie, pas qu’on m’enferme dans un procès permanent.
7. "Vous dites la même chose... Franchement, je ne sais pas qui a raisons."
Alors peut-être que tu ne me connais pas si bien que ça.
Si tu n’arrives pas à prendre du recul,
si tu ne vois pas la manipulation derrière les mots,
si tu mets nos paroles au même niveau sans regarder les actes…
Alors je ne peux pas compter sur toi.
Je n’ai pas besoin de gens qui doutent de mon intégrité,
je cherche des gens qui connaissent mes valeurs,
et qui savent faire la différence entre la sincérité et la mise en scène.
Quand on subit une relation toxique, c'est déjà très difficile mais en plus d'ajouter le regard des autres, les silences, le doute ! Je préfère que les gens restent neutres.
Je peux comprendre qu’on ne veuille pas prendre parti. Mais si tu es un(e) ami(e) proche c'est une autre affaire.
Si tu remet en question ma parole ! Ce n’est pas une réelle amitié.
Si tu choisis de rester neutre pendant que je me noie, SACHE QUE ce n’est pas de l’amitié.
8. "Il a l'air de souffrir plus que toi de votre séparation..."
Peut-être ! Ou peut-être qu’il pleure dans les bras d’une autre pendant qu’il raconte à quel point je suis horrible.
La souffrance n’est pas toujours un signe d’amour. Parfois, c’est juste de l’égo blessé, de la perte de contrôle, ou le théâtre d’un jeu bien rodée.
Je sais très bien qu’il aime attirer l’attention en s’effondrant en public, en me faisant passer pour la méchante de l’histoire.
D’ailleurs, étrange coïncidence : toutes ses exs sont apparemment des sorcières… sauf lui, bien sûr, le pauvre héros incompris. C’est fou comme le même scénario se répète, toujours avec des femmes "instables", "toxiques", "ingérables"...
Oui, il a souffert — je ne le nie pas. Et oui, il espère sans doute encore que je revienne… Ce qui n’a aucun sens, quand on passe son temps à dénigrer quelqu’un.
Je suis devenue, à l’écouter, la source de tous ses malheurs : la vilaine sans cœur, sans empathie, menteuse, manipulatrice… Bref, le grand classique.
Mais soyons honnêtes : ce n’est pas notre relation qui le fait souffrir le plus… c’est lui-même.
Sa jalousie maladive, son besoin de contrôle, son instabilité émotionnelle, son obsession du pouvoir sur l’autre — tout ça, c’est lui.
Il est à la fois sa propre victime et son propre bourreau (il n'a pas besoin de moi pour souffrir).
Moi, j’ai juste été prise dans ce tourbillon trop longtemps.
Alors non, je ne vais pas entrer dans un concours de souffrance — ce n’est ni le but, ni mon intention.
Et je n’ai pas envie de me poser en victime, même si je l’ai été, car je sais que ce n’est pas ce qui m’aiderait à me reconstruire (j’en parlerai peut-être un jour).
Ce que je veux, exprimer ma réalité, sans la minimiser,
et ne plus laisser un récit inversé me faire porter le poids de ce que je n’ai pas causé.
Mais de mon point de vue, ce n’est pas parce qu’on crie sa douleur fort… qu’elle est plus légitime que celle qu’on a vécue en silence.
Moi, je ne souffre pas plus ou moins que lui.
Je souffre différemment, en silence,
et surtout, sans manipuler personne pour me plaindre.
9. "Je n'ai pas envie de choisir !"
Je comprends. Mais moi, je n’ai pas le luxe de ce choix neutre.
Je suis désolée, mais ta présence à ses côtés me met en danger.
Car à travers toi, il peut m’observer,me manipuler,
me faire culpabiliser, ou t’utiliser comme relais pour faire passer ses messages.
Je ne te demande pas de prendre parti dans une dispute.
Je te parle de violence, d’emprise, de maltraitance.
Et en restant proche de lui/elle malgré tout,
tu ne restes pas neutre : tu cautionnes, même involontairement.
Ce qu’il a fait avec moi,
il l’a aussi fait avec ses autres partenaires.
Ce n’est pas une erreur isolée,
c’est un schéma répétitif que tu acceptes en fermant les yeux.
Moi, je ne peux plus faire semblant.
Alors si tu choisis de ne pas choisir,
sache que moi, je choisis de me protéger.
10. "Je te parles encore de lui..."
S’il te plaît, ne fais pas ça.
Tu ne fais que raviver des blessures encore ouvertes.
Je suis dans une phase où je tente de me reconstruire, ne t'étonne pas si je répète le schama derrière. Je lutte déjà assez fort pour ne pas replonger.
Ce que tu penses être une simple remarque ou une curiosité
devient pour moi un raz-de-marée émotionnel.
Je suis encore très fragile,
et ce dont j’ai besoin aujourd’hui, ce n’est pas de reparler de lui.
ET si je te demande des nouvelles, c’est parce que je suis en train de craquer.
Dans ma tête, je lutte déjà pour ne pas te poser la question. Alors s’il te plaît, aide-moi à ne pas replonger. Ce que j’ai besoin d’entendre, c’est :
"Pense à toi. Recentre-toi. Ne te perds pas à nouveau pour lui."
11. "C'est à toi aussi de le rassurer !"
Non, pas si c’est moi qui ai peur. Je ne peux pas passer ma vie à rassurer quelqu’un…
- qui m’accuse sans raison,
- qui me fait douter de moi
- qui me fait porter ses insécurités...
Peut-être qu’au fond, il avait peur que je sois comme lui.
Un dragueur déguisé en célibataire sur les applis de rencontre, qui joue les cœurs brisés pour mieux récolter la compassion… et plus si affinités.
Peut-être qu’il avait besoin de me faire passer pour "la vilaine petite amie" — celle qui le rend malheureux, pour se faire plaindre et justifier ses petits détours affectifs.
Ou alors, c’était plus simple de ne jamais parler de moi, mais ne pouvais pas éviter qu’une autre lui pose la question qui tue :
"Pourquoi tu ne me présentes jamais à tes ami·e·s ?" Tout simplement parce que je suis là !
Le couple n’est pas une thérapie à sens unique. Et ce n’est pas à moi de m’oublier pour apaiser ses tempêtes. Je peux rassurer quand je suis moi-même en sécurité.
Mais si je dois constamment me plier, me justifier, m’effacerpour calmer l’autre,
alors ce n’est plus de la tendresse : c’est de l’épuisement émotionnel déguisé en devoir affectif.
12. "Tu as peut-être un problème... Tu es peut-être dépressive ! On dirait que tu ne vas jamais bien."
Non… et oui.
Non, je ne l’étais pas. Mais oui, je le suis devenue. Avant lui, j’allais bien.
Avant la confusion, l’épuisement, la peur, les montagnes russes émotionnelles et le doute permanent. Je n’ai pas toujours été comme ça.
Je suis devenue comme ça. Pas à cause d’un déséquilibre interne, mais à force de vivre dans un déséquilibre externe.
Ce n’est pas un défaut de fabrication, c’est un effet secondaire. Un symptôme de ce que j’ai subi, pas une étiquette qui définit qui je suis.
13. "Si tu es encore avec lui, c'est que c'est pas si grave, non ?"
"Si tu es encore avec lui, c’est que c’est pas si grave, non ?"
Non. C’est juste que je ne sais pas encore comment me désintoxiquer. Ce n’est pas parce que je reste que ça va. C’est parce que je suis piégée dans un lien qui me ronge,
un lien qui mélange la peur, la honte, l’espoir, et la culpabilité.
Tu dis ça parce que tu compares avec ce que toi, tu connais.
Et c’est normal. Si tu n’as jamais vécu une relation bien toxique, tu imagines que c’est juste "comme une mauvaise relation", en un peu plus dur. Mais non. C’est autre chose.
On ne sort pas d’une relation toxique comme on claque une porte.
On sort à tâtons, en chute libre, en essayant de réapprendre à respirer sans lui.
Je suis en train de me battre contre un attachement aussi puissant qu’une addiction.
Alors non, ce n’est pas “pas si mal” ne convient pas. C’est terriblement dur. Et si je suis encore là, ce n’est pas un choix de confort… c’est parce que je suis en plein sevrage.
14. « Tu as ta part de responsabilité dans cette relation. »
Non mais… est-ce que tu sais de quoi tu parles ? Pfff… Sous-entendu : c’est 50/50 (chacun contribue au problème) What ??? Tu sais c'est quoi être à côté de la plaque, c'est quant tu entends ce genre de phrase !
Mais dans une relation toxique, le jeu est biaisé dès le départ. Tu te remets déjà assez en question tout seul·e, pas besoin qu’on t’en rajoute.
Et puis t’inquiète pas… entre ton pervers narcissique qui passe son temps à te rappeler que tout est de ta faute, et l’entourage qui en rajoute une couche, le quota est atteint. La personne qui a vécu ça porte déjà bien assez lourd.
"Ce qu’on a besoin d’entendre, c’est que non, ce n’est pas de ta faute."
Est-ce que tu comprends dans ton cerveau ce que c''est la violence psychologique ? C'est comme me dire ça ira mieux dedans, oh !!! ton ex te taquine !
Alors quand tu dis "reprendre le contrôle" en “se responsabilisant”, oui… mais sous emprise, c’est comme demander à quelqu’un accro à la coke d’arrêter du jour au lendemain, alors qu’il est encore enfermé dans le labo du dealer.
Et puis… responsabilité de quoi, au juste ? D’avoir croisé sa route ? D’être sortie avec lui parce que t’étais au fond du trou ? Parce que t’as cru à une belle histoire ? Parce que t’as espéré quelque chose de sympa ? Et une fois dedans, responsabilité de quoi ? D’essayer de comprendre une relation avec quelqu’un dont la seconde nature est de foutre le chaos, de créer des problèmes, et de te mettre plus bas que terre ?
15. « Tu as accepté certaines choses. »
Ah oui ? Comme si j’avais vraiment le choix. Je n’ai pas le sentiment d’avoir accepté. J’ai subi. Parce que quand t’es sous emprise, t’as plus le contrôle sur toi-même. Sinon je ne serais pas resté·e. Et je n’aurais pas supporté, ni encaissé, tout ce que j’ai dû endurer. Ce n’était pas de l’acceptation… c’était de la survie.
J’aurais peut-être eu le choix… si on m’avait appris ce qu’est vraiment un pervers narcissique.
J’aurais peut-être eu le choix… si j’avais su reconnaître les signaux d’alerte.
J’aurais peut-être eu le choix… si j’avais appris à m’affirmer et à poser mes limites.
J’aurais peut-être eu le choix… si j’avais cessé de confondre tolérance et soumission.
J’aurais peut-être eu le choix… si ...
16. « Il y a bien des bénéfices secondaires ! »
Tu as bien *des bénéfices secondaires pour rester avec lui… » Alors oui, on peux toujours en trouver des bénéfices secondaires… mais franchement ? Même ces soi-disant bénéfices, ça ne vaut pas le prix payé.
C'est comme dire qu’une cigarette réchauffe les doigts l’hiver : techniquement vrai, mais au prix d’un cancer. Avec un(e) pervers(e) narcissique, le rapport bénéfices/risques est tout aussi absurde : trois minutes de chaleur pour des années de brûlures invisibles.
* Un bénéfice secondaire dans un couple, c’est un avantage indirect ou caché que l’on retire d’une relation, même si elle est problématique, comme se sentir moins seul ou éviter des changements difficiles.
17 “De toute façon, vous les femmes, vous aimez les bad boys”
Ah, la fameuse rengaine. Cette phrase est une manière bien pratique de balayer toute complexité d’un revers de main. Et puis ça veut dire quoi, exactement ? Que les femmes aimer se faire maltraiter ? Cette phrase, c’est surtout une manière de culpabiliser la victime, de la faire passer pour responsable de ce qu’elle subit.
Beaucoup de gens ne connaissent pas le langage de la psychologie, ni les mécanismes d’attachement traumatique, d’emprise ou de dépendance affective. Pour eux, ça ressemble à un simple “choix amoureux”, alors que c’est bien plus complexe.
La réalité, ce n’est pas que les victimes aiment les ‘bad boys’. La réalité, c’est que certains hommes aiment avoir du pouvoir sur les autres.
👉 Et de toute façon, qu’une femme soit sous emprise ou pas, cette phrase n’a pas lieu d’être. “Vous aimez les bad boys”, c'est méprisant, culpabilisant et violent psychologiquement. C'est accepter de réduire les femmes à une caricature simpliste.
👉 Et du “bad boy” et de son comportement, on en parle plutôt ? Et si on redirigeait l'attention sur eux ? Parce que traiter mal les femmes, rabaisser ou manipuler, ce n’est pas un style, c’est violent et inacceptable.
👉Et des garçons qui se font passer pour des “gentils” juste pour obtenir ce qu’ils veulent, on en parle aussi ? Parce que ça, c’est de la manipulation. Et parfois, elle est encore plus insidieuse, parce qu’elle se cache derrière une image rassurante.
👉 Et de ces petites phrases soi-disant insignifiantes du quotidien — “vous, les femmes… …” — ça aussi, c’est une violence. Une violence déguisée, Parce que se cacher derrière une remarque “banale” pour rabaisser, c’est jouer au super gars en façade, mais en réalité… vous faites le bad boy aussi. On en parle ?
👉 Et toujours remettre la faute sur les autres, c’est aussi se fermer toutes les portes pour se remettre en question.
Voici quelques variantes de phrases que j’ai entendues déconnectées de la réalité.
"Le plus important, c'est qu’il t’aime à sa manière."
S’il m’aime “à sa manière” mais que ça me détruit, alors ce n’est pas de l’amour. C’est de la domination emballée dans de la tendresse conditionnelle.
"C’est normal de se disputer dans un couple."
Oui. Mais ce n’est pas normal de se sentir humilié, apeuré, confus, ou vide après chaque dispute.
Une dispute saine n’écrase pas l’un pour que l’autre gagne.
"Il est jaloux parce qu’il tient à toi."
Non, la jalousie n’est pas une preuve d’amour. C’est une preuve de contrôle, surtout quand elle te coupe de tout le reste du monde.
"C’est parce que t’es trop sensible, tu prends tout mal."
Ah, donc je devrais m’anesthésier pour que sa violence me paraisse acceptable ?
Être sensible n’est pas un défaut. C’est un radar qui alerte quand quelque chose ne va pas.
"Vous allez tellement bien ensemble ! Vous êtes beaux tous les deux !"
Non... Derrière les sourires, il y avait des disputes, de la détresse émotionnelle., de l’humiliation…
Des nuits à pleurer en silence, sans que personne ne le voie. On peut être beaux en apparence, et être brisés à l'intérieur. Ce n’est pas parce qu’un couple "a l’air heureux" qu’il l’est.
"Ça lui passera..."
Non. Ce n’est pas une humeur. C’est un schéma. Ce n’est pas une mauvaise journée, ni un excès de stress, ni une petite phase qu’il va "traverser". C’est un comportement répétitif, un manque de respect, une manière d’exister au détriment de l’autre. Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est où passe mon énergie… Mon estime de moi etc... et tout s’effondre petit à petit.
"Moi, à ta place, je l’aurais déjà quitté depuis longtemps."
➡ Oui, c’est facile à dire… quand on n’y est pas. Et moi, à ta place, je me garderais bien de juger ce que je ne connais pas. Tu ne peux pas savoir ce que c’est tant que tu ne l’as pas vécu. L’attachement, l’emprise, la confusion… ce ne sont pas des choix, ce sont des pièges.
Alors au lieu de dire ce que toi tu ferais à ma place, essaie juste d’être là où moi, je suis.
Conclusion « Qui doit se remettre en question ? La victime, ou l’agresseur ?
Trop souvent, l’entourage choisit la mauvaise cible. »
Quand on n’a pas vécu certaines choses, c’est vrai que c’est difficile à comprendre. Mais c’est aussi pour ça qu’il est important de se renseigner, d’écouter, et de prendre le temps de comprendre ce que vit l’autre. Aujourd’hui, on en parle plus qu’avant — dans les médias, dans les livres, sur les réseaux — et c’est tant mieux. Tant que ce genre de relations existera, il faudra continuer à en parler.
Parce que, moi, avant de vivre cette relation… je ne savais pas. Je n’avais pas les armes nécessaires pour me confronter à ça. Je n’étais pas préparée. Alors faites attention à ce que vous dites. Prenez des pincettes. En face de vous, il y a peut-être une personne déjà à terre.
Le but n’est pas forcément de comprendre à 100 %, je sais que c’est compliqué… Mais au moins, évitez de balancer des gifles verbales.
On a besoin de douceur. Pas de reproches. Pas de “tu aurais dû faire ci” ou “tu aurais dû faire ça”. C’est bon, on a déjà notre dose. Bientôt, si ça continue, on finira par demander aux victimes de s’excuser !
Et toi, est-ce qu’on t’a déjà balancé une phrase absurde, culpabilisante ou complètement à côté de la plaque ?
Partage-la en commentaire, qu’on les mette toutes en lumière.

Écrit par Léticia Gayet
